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Tuesday, 05 May 2020 14:27

La Calligraphie arabe

La calligraphie est un art qui peut se traduire dans plusieurs langues, et peut être comprise comme une langue universelle, malgré les différences.

La calligraphie arabe se définit comme la forme scripturaire la plus ancienne de la langue arabe. Les plus anciens héritages d’écriture viennent du Hijaz (terre d’Arabie) quelques temps avant l’arrivée de l’islam. Elle s’enrichit avec les premiers manuscrits du Coran. Il s'agit d'une écriture simple angulée ou cursive, où les notations et déclinaisons des voyelles courtes sont peu ou pas indiquées. Puis elle se développe rapidement notamment avec la propagation de l’Islam, la diffusion du Coran et même d’autres types de livres dans les pays islamisés.

Elle prend aussi une valeur symbolique et s’imprègne de l’esprit soufi qu’elle conquiert et s’y impose comme une vision du monde : al-Houroufiya qui trouve dans les lettres de l’alphabet tous les secrets de l’univers. Ce terme ne doit toutefois pas être confondu avec les houroufis, soit les calligraphes qui font des lettres un outil simplement esthétique. C’est un tout autre sens.

La calligraphie a atteint son apogée à l’époque abbasside à Baghdad. Comme elle s’est répandue dans toutes les contrées musulmanes et chaque pays va créer son propre style et sa propre école donnant ainsi lieu à plusieurs formes calligraphiques.

Deux tendances principales d’écritures vont émerger : al-Koufi et al-Naskhi. En Afrique du Nord, l’Algérie compris, se développe al-khat al-maghribi (la calligraphie du Maghreb). Alors qu’à l’Est, l’écriture influencera la miniature, un art qui va d’ailleurs séduire beaucoup d’artistes algériens.

La calligraphie est d’abord un moyen d’écriture et d’expression stylée et soignée. Toutes les grandes choses sont écrites par des calligraphes. Le coran imprimé, vendu dans toutes les librairies d’Algérie depuis près d’un demi-siècle, a été calligraphié par Mohamed Bensaid Cherifi. Toutes les lettres officielles, que les présidents algériens qui se sont succédés ont envoyées à d’autres présidents du monde, ont été rédigées par Abdelhamid Skander. Tous les documents officiels, cartes d’identité et passeports sont un travail de calligraphes.

Mais avec le développement technologique donnant aux machines le pouvoir de reproduire n’importe quelle police d’écriture, la calligraphie se réduit de plus en plus à un simple art graphique ou un don artistique. Ce qui réduit le fossé entre calligraphes et houroufis mais met en danger la vraie raison d’être du calligraphe.

Un poète dit :

Un quart de l’écriture est dans la noirceur de son encre,

Un autre quart, dans la fabrication de l’ouvrage,

Un quart dans un calame bien taillé,

Enfin, en quatrième principe, s’érige le papier.

Voici des photos de quelques grands calligraphes algériens de renommée internationale.

 

 فن الخط العربي

فن الخط موجود في عدة لغات، حتى أنه يمكن اعتباره لغة عالمية، لبساطة التواصل به، على الرغم من الاختلافات بين اللغات.

للخط العربي أشكال قديمة سبقت الإسلام بقليل، حيث أن أقدم أساليب الكتابة كانت في بلاد الحجاز. لقد برز مع المخطوطات الأولى للقرآن، وكانت النصوص الأولى بسيطة غير منقطة.

ثم بدأ ينمو بسرعة مع انتشار الإسلام، إذ كثر طلب كتب النص القرآني وكتب أخرى في الدول الإسلامية.

كما أخذ الحديث عن الحروف قيمة رمزية تشبعت بالروح الصوفية، حيث ظهرت المدارس الحروفية التي تجد في الأبجدية كل أسرار الكون. لكن يجب أن نميز بين الحروفية في التصوف والخطاطين الحروفيين الذين جعلوا من الحروف مجرد أداة جمالية.

وصل الخط العربي ذروته خلال العصر العباسي في بغداد. انتشر حينها في جميع البلدان الإسلامية، إذ عملت كل دولة على تأسيس أسلوبها والمدارس الخاصة به في كل منها العديد من أشكال الخط.

في هذه التفرعات الهائلة ظهر اتجاهان رئيسيان للخط العربي: الخط الكوفي والخط النسخي. في شمال إفريقيا، بما في ذلك الجزائر، ظهر الخط المغربي. بينما أثر على فن المنمنمات في الشرق، ذلك الفن الذي أثار إعجاب العديد من الفنانين الجزائريين.

إلا أن الوظيفة الأولى لفن الخط يجب أن تكون التواصل أي كتابة نصوص حقيقية ذات غرض بخط أنيق جلي للتعبير عن فكر وتوصيل رسالة. كل الأشياء العظيمة كتبت بيد الخطاطين. القرآن المطبوع، الذي يباع في جميع المكتبات الجزائرية منذ قرابة نصف قرن، تمت كتابته على يد محمد بن سعيد شريفي. جميع الرسائل الرسمية، التي بعثها الرؤساء الجزائريون الذين تعاقبوا على الحكم إلى رؤساء آخرين في العالم، كتبها عبد الحميد اسكندر. كل البطاقات الوطنية وجوازات السفر والأوراق الرسمية الأخرى كانت بيد الخطاطين.

لكن التطور التكنولوجي الذي مكّن الآلة من نسخ أي خط يدوي قلّل من قيمة شأن الخط أكثر فأكثر، حتى صار موهبة فنية أو مجرد مادة تُدرّس في مدارس الفنون الجميلة. هذا ما يُضيّق الفجوة بين الخطاطين والحروفيين لكنه يُعرّض فن الخط للخطر ويُقلل من شأن الخطاط والسبب الحقيقي لوجوده.

يقول الشاعر:

ربع الكتابة في سواد مدادها  ****  والربع في صنع الكتاب

وربع في قلم تسوي بريه   ****    وعلى الكواغد رابع الأسباب

 

هذه صور بعض الخطاطين الجزائريين ذوي السمعة العالمية. وغيرهم الكثير.

 Le chanteur Idir, monument de la chanson kabyle, est décédé dans la soirée du 2 mai, qu’il repose en paix.

 « A vava inouva » est sa chanson la plus connue, jamais démodée, chantée dans une multitudes de langues. « Essendou » aussi. Deux berceuses qui ont adoucît notre enfance.

Mais s’il est vraiment poignant, c’est parce qu’il a chanté la condition de la femme kabyle, mieux que n’importe quel grand poète du monde. Presque aussi bien que Nouara.

« Ouh a watma » est une chanson en hommage à toutes les sœurs, toutes les femmes qui ont des frères. Pourquoi n’a-t-elle pas été mise en avant ? Parce que tous les frères –ou presque tous les frères – qui sont tels que les décrits la chanson, ne sont pas prêts de changer. « Ouh a watma » est l’expression de la douleur morale, de la misère de l’âme d’un être qui vient pour souffrir et, ne pouvant attendre un changement dans l’espoir d’un jour qui se lève, partira aussi dans la douleur.

« Oh, ma soeur, je vais te dire des mots qui te feront mal,

Personne n’a voulu de toi, on t’a craint le jour de ta naissance,

Tu es une bombe, si tu glisses, ils seront eclaboussés,

Celui qui est de ton côté désespère.

 

Ton droit est ecrasé, bouffé par tes frères,

tu as été vendue au rabais, le marché est conclu entre hommes,

La fête est finie, tu quittes la maison en deuil,

Celui qui est de ton côté désespère.

 

Le jour du mariage, la nuit te semble très longue,

Ils sont contents, ils t’envoient dans une maison qui n’est pas tienne,

Tu es obligée, ferme-la, laisse les autres parler,

Celui qui est de ton côté désespère.

 

Oh, ma sœur, ta condition fait de la peine,

Tu vas avoir des enfants, que tu élèveras dans la misère,

Car tu espères qu’ils seront plus chanceux,

On est de ton côté et on désespère.

 

 

إيدير فنان المرأة رحل

 

"آ فافا إينوفا" هي أكبر أغنيته اشتهر بها، أخرجها من أرشيفات أغاني الجدات وأعطى لها صبغة عالمية بموسيقى خلابة.  فترجمت إلى العديد من اللغات. ثم أغنية "أسندو" جد مشهورة أيضا وإن لم تصل إلى مقام الأولى. أغنيتين اثنتين من التهويدات التي هزت طفولتنا.لكن إذا كان إيدير يؤثر فينا إلى هذا الحد حقا، فذلك لأنه غنى حالة المرأة القبلية المزرية، أفضل من أي شاعر عظيم في العالم. تقريبا كما فعلت "نوارة"."آه أوتما" (آه يا أختي) هي أعظم أغنية قبائلية وصفت حالة المرأة وبكت على جميع النساء وجميع أخوات الأخوة. لماذا لم يتم تسليط الضوء عليها؟ لأن كل الإخوة -أو جلهم تقريبًا -الذين تم وصفهم بالشعر، ليسوا مستعدين للتغيير."آه أوتما" تعبر عن آلام داخلي، وبؤس في التربية والعادات والروح، إنها معاناة أخت، التي لا تنتظر أي تغيير في حالتها، ولا أمل في النهوض يوم ما. فهي سيغادر يوم ما كما جاءت بآلامها.

 

 

 

Saturday, 02 May 2020 16:53

Le musée de Lalla Fatma N’Soumer.

 

Le musée de Lalla Fatma N’Soumer est situé dans la zaouïa qui a abrité les derniers jours de la révolutionnaire, une zaouïa de la Tariqa Rahmaniya qui a été transformée en musée d’interprétation pour cela même.

Un musée d’interprétation est un musée qui représente, par des mannequins, un itinéraire de vie ou des situations.

C’est un véritable joyau que détient la commune de Aïssaouia, à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Tablat, dans la wilaya de Médéa. Il peut devenir un lieu de pèlerinage, parce que tous les Algériens affectionnent Lalla Fatma. D’autant qu’il est situé à côté du cimetière où a été enterrée Lalla Fatma, dont la tombe continue d’être visitée, même si la dépouille a été transférée au cimetière d’al-Alia en 1994.

On y voit Lalla Fatma, Bou Baghla, la scène de son arrestation et sa fin tragique à 33 ans.

 

 

Ouiza Gallèze

 

Friday, 01 May 2020 09:21

Al-aoula, la réserve ou le stock

Nous sommes le 1er mai, c’est la fête du travail, le 14e jour du mois du patrimoine et le 8e du ramadan.
Je me dis que pour un jour aussi important, on va parler de quelque chose de plus original : al-aoula ou la réserve de nourriture.
Al-aoula, la réserve ou le stock
Al-aoula est une tradition sociale pratiquée uniformément dans toute l’Algérie. Même si nous sommes désormais dans une économie de marché et qu’on peut acheter beaucoup de choses toute l’année, les habitudes ont la vie dure, on se retrouve encore à faire la réserve d’un tas de produits.
De fait, le premier aliment que les Algériens conservent est le couscous. Ils font ou font faire manuellement des quantités appréciables qui vont de 10 à 50 kg, à consommer durant plusieurs mois, voire toute l’année. Il y a aussi l’huile d’olives que nous retrouvons en grande quantité chez les gens, surtout ceux qui possèdent des oliviers, qu’ils soient encore en milieu rural ou habitants des villes.
Une grande tradition ancestrale que se partagent tous les Algériens est l’expression même de la philosophie d’al-aoula : yennayer. Yennayer marque le début de l’hiver. Les gens font le sondage de ce qui reste comme réserves pour eux-mêmes et pour tous les habitants du village qui doivent parvenir au printemps à l’abri du besoin. De toutes les productions du printemps, de l’été et de l’automne, tout doit parvenir jusqu’à la fin de l’hiver.
Al-aoula est un concept mythique qui respecte la vie de famille, on le dit utile aux envies des femmes enceintes (المتوحمات) et aussi pour les malades en fin de vie qui ont souvent envie de quelques fruits ou légumes hors saison.
Autrefois, al-aoula ne se faisait pas dans les placards. Elle avait ses espaces et ses outils particuliers. Des jarres (koufi) à la taille des richesses familiales occupaient une partie plus ou moins importante des grandes pièces, et des petites chambres en hauteur étaient entièrement consacrées à cet effet.
On conserve d’abord la semoule de blé dur, dans tous ses calibres, fine, moyenne et grosse, dans des sacs en lainage, surélevé du sol, de la farine de blé tendre, du couscous, mhamsa, et bercoucas. De même, les légumes comme les carottes, les navets, du chou-fleur, du fenouil, les olives, les tomates, les poivrons, le piment… La conservation de ceux-là se fait dans des bocaux en verre ou des jarres en terre cuite, plongée dans l’eau avec du sel, du vinaigre, des quartiers de citron, des branches de laurier et du fenouil sauvage. On conserve aussi dans l’huile, surtout pour les aliments cuits comme la tomate prête à la consommation ou les poivrons cuits et pelés.
La confiture faite maison est une forme citadine de conservation. On trouve les oranges, les coings, les pommes et même des raisins, pourtant difficile de les garder résistants avec la peau, chose dont excellent les femmes de Médéa.
Puis la conserve de viande salée séchée, plusieurs morceaux du mouton de Aïd Lakbir, notamment des parties précises, réservées au jour de Achoura et le jour du Mouloud.
La viande est coupée en carré corrects, parfois sans les détacher les uns des autres. Les morceaux sont plusieurs fois plongés et frottés dans du sel, jusqu’à bien en imprégner tous les cotés et en profondeur. « Monter les morceaux sur un fil, les accrocher dans un endroit aéré mais pas ensoleillé, couvrir avec une compresse, retourner parfois le tout et laisser sécher 5 à 6 jours. »
Enfin, des plats cuisinés peuvent être aussi entièrement conservés selon des méthodes particulières comme al-‘ousbane.
Pendant des siècles, les nomades, les hommes bleus du désert, séchaient les denrées alimentaires qu’ils transportaient dans leurs pérégrinations : tomates, ail, oignons… Aujourd’hui encore, même si les conditions socioéconomiques ont obligé la majorité d’entre eux à se sédentariser, ils continuent à pratiquer ce genre de conservation.
Le problème d’al-aoula, même si elle est encore largement pratiquée, est le congélateur qui permet aussi une longue conservation des aliments avec pratiquement pas de préparation sinon des sacs de congélation. Puis il y a la mondialisation qui permet d’avoir tout à n’importe quel moment de l’année. Si bien qu’on ne sait plus comment situer les fruits et légumes par rapport à sa saison.
Je ne sais pas si la notion de l’Aoula avec ses pratiques est importante. Mais si on perd tout ce qui ne semble pas important, en cédant à la facilité, on risque de se défaire peu à peu de tout ce qui constitue nos traditions identitaires, pour se retrouver un jour plongé dans une mondialisation imposée. Et on n’aura aucune empreinte culturelle pour marquer de notre présence le nouveau monde.

Ouiza Galleze

Nous sommes au 13e jour, du mois du patrimoine, au 7e jour du ramadan et nous parlons du PCI.

Après le rituel de hannat-la’aroussa, un autre élément, un savoir-faire relatif au mariage, attire notre attention. Il s’agit du couscous.
La notion de savoir-faire regroupe tout ce que l’homme sait faire de ses mains. Ce sont les métiers, les arts, les techniques, transmis par les anciens, que quelques-uns et quelques-unes maîtrisent encore.
Le couscous en fait grandement partie, parce que sa fabrication prend du temps, parce qu’il passe par plusieurs étapes, nécessite des transformations savantes et exige une panoplie d’outils qui ont été façonnés à travers les siècles pour améliorer sa qualité, des ustensiles dont le nom d’ailleurs en dépend et qui n’existent que par rapport à lui : qedra-wal-keskas (faitout et couscoussier), gherbal (tami), djefna (plat ?)…
Le couscous est fait à base de blé, d’orge, de sorgho ou de mil, une agriculture de champs à grande échelle, qui nécessite peu d’eau, des terres moyennement fertiles, et qu’on retrouve un peu partout, surtout autour de la Méditerranée. C’est un repas tiré de la nature puisqu’il se prépare toujours avec ce que la terre nous donne comme légumes de saisons. Et la mer aussi puisque les villes côtières font le couscous au poisson.
Du champ à l’assiette, le blé passe par plusieurs étapes. La dernière, celle de rouler le couscous, est pénible, typiquement féminine et domestique. Celle de le préparer aussi. Ce qui aura précédé constitue une vraie industrie de transformation alimentaire, qui intègre les hommes et les femmes, se fait en plusieurs lieux externes, notamment le champ et le moulin, réunissant aussi plusieurs outils et d’autres savoir-faire. Autrefois, la meule aussi était un travail de maison féminin.
On peut alors commencé par la semoule prête à être roulée car ce qui a précédé relève d’autres savoir-faire. La préparation du plat d’excellence : le coucous, qui n’a de sens que s’il est fabriqué en groupe et consommé en groupe.
Le couscous est un plat qu’on ne mange pas seul, un plat qui réunit autour de lui ceux qui nous sont chers, accompagne nos joies et nos peines et aplanit les différences.
Pour son origine, il est vain de savoir d’où il vient, il existe bien avant l’existence des frontières entre les pays. L’origine géographique est un faux problème qu’il faut arrêter de mettre en avant. L’origine historique aussi est peu précise, car elle nous renvoie toujours plus loin, avec d’autres découvertes. Mais là se cache une autre appartenance autrement plus importante et plus intéressante, dont on ne parle pas, c’est l’exclusivité féminine. Même si aujourd’hui, il est servi dans des restaurants, préparé par des hommes, ça ne fait pas de lui un plat mixte. Le couscous est un art féminin.
Il y a aussi son internationalisation et sa multiplication : on le retrouve désormais sur les 5 continents, avec des variétés insoupçonnées. Mais ce n’est pas ça qui fait la culture du couscous. Savoir préparer un couscous royal à Paris ou un couscous végétarien à New-York ne vous introduit pas dans le secret de la culture ancestrale du couscous. Ce qu’il faut retenir, c’est justement cette valeur intergénérationnelle et cette charge affective culturelle et cultuelle que le couscous porte en lui et qu’il dégage lors de son apprentissage et sa transmission avec des pratiques singulières. Il y a dans le couscous des choses que les hommes ignorent et qui ne peuvent se faire que par les femmes et pour les femmes. Le couscous du mariage avec son matériel neuf compte des rituels féminins qui concernent la fille seule avec mère. Le couscous du mariage est un vrai rituel, il est roulé la veille ou quelques jours auparavant, réunissant des femmes de tout le village qui roulent en chantant des chants spécifiques à l’événement. Le septième jour après la naissance d’un enfant, c’est un couscous tout aussi ritualisé qu’on prépare et qu’on distribue aux voisins. Pour les décès, la douleur et la tristesse de l’événement sont supportés par un couscous que les voisins préparent à tour de rôle, les premiers jours, aux proches du disparu. La famille à son tour offre au troisième et au quarantième jour un couscous aux passants pour signifier qu’elle a fait son deuil.
Les zaouias, dans des lieux retirés, ont un couscous quotidien pour les visiteurs occasionnels. C’est aussi un couscous qui y est servi pour les wa’ada (cérémonies religieuses), régulières en date fixe ou ponctuelles.
Alors on ne peut pas dire que le couscous est un patrimoine menacé. Au contraire, il n’a jamais été aussi consommé dans le monde. Mais le danger est l’industrialisation qui propose des couscous roulés avec une qualité en constante amélioration et des prix concurrentiels. Alors, le couscous est de moins en moins roulé à la maison. Ce qui menace les traditions et rituels qui accompagnent l’opération de « rouler le couscous ». C’est cela qu’il faut savoir protéger.

Ouiza Galleze 

Tuesday, 28 April 2020 08:20

Le Henné ou Hanna-t- la’aroussa

Le henné est un moment qui donne sens à toutes les fêtes, un rite de passage, que ce soit du mariage ou de la circoncision.
Al-hanna, est un produit fétiche des cérémonies et des fêtes. On ne sait pas d’où vient ce terme qui s’appelle ainsi dans plusieurs langues, peut-être parce qu’aucun autre ne lui convient. A l’origine, le mot « hanna/hanan (affection) » est hébreu, il veut dire chercher ou trouver la grâce de Dieu. Il est converti à tamazight, à l’arabe, au français et à d’autres langues.
Le henné est une plante ancestrale qu’on trouve sous l’appellation scientifique de « lawsonia inermis ». Autrefois, on l’achetait en feuilles, pour une préparation maison. Mais aujourd’hui, il est vendu moulu en boite, il faut juste rajouter de l’eau chaude ou un autre produit liquide. Al- hanna al-war’quia est encore en vente chez certains marchands de produits du terroir, mais les personnes qui savent la préparer sont de plus en plus rares.
Le henné est utilisé pour ses vertus esthétiques et thérapeutiques, pour les bébés et les enfants, les hommes, les femmes et les personnes âgées. Il colore les paumes des mains, les pieds, et teinte les cheveux. Il est utilisé pour les fêtes sacrées et les fêtes sociales, on l’applique aux animaux domestiques aussi, lors des grandes cérémonies, comme le mouton de Aid Lakbir.
Le henné, on l’attend. Les jours de l’Aid, les enfants attendent avec impatience le moment de se colorer les mains et le dos du mouton. Les jours de mariage, on l’attend aussi pour faire baisser la pression, réduire les bruits et marquer le moment décisif du rite de passage. Un enseignement pour le garçon et pour la vie qui marque le passage vers la vie conjugale.
Dans une zaouia, on offre du henné avec des bougies. Et pour toutes célébrations diverses et variées, le henné est présent, pour marquer la sacralité d’un événement à un moment donné.
Son application pour la mariée relève de la magie, le moment irréversible, qui tranche avec le reste de la fête bruyant et peuplé. Pour la cérémonie du henné, les gens se taisent, retiennent leur souffle, font taire les enfants. Un silence religieux. La doyenne (le doyen pour le garçon) ou la proche parente avance majestueusement. Le henné du marié est suivi par les femmes à l’étage ou par derrière les fenêtres. Pour le henné de la fille, les hommes sont totalement exclus.
N’est pas doyenne qui veut, elle doit remplir des conditions, la voix d’Opéra en fait partie, puis une bonne mémoire, elle chante a capella, des paroles sans écrit qui vont décrire le passage du célibat à la vie de couple. Les thèmes sont classés : d’abord louanges à Dieu et son prophète, ensuite vanter les familles et exprimer leur joie, les uns de placer leur fille chez les meilleures gens et les autres de recevoir la fille des meilleures gens (nas lahseb wa-n-seb). Et enfin, le moment crucial, qui signe le rite de passage, « tu seras une épouse modèle, tu répondras aux demandes d’une famille qui sera la tienne et d’un mari qui sera le tien. » On clôture en saluant Dieu et son prophète.
Pour l’instant, même si les mariages ont été délocalisés, de la terrasse de l’immeuble à une salle de fêtes, la cérémonie du Henné reste intacte. Mais jusqu’à quand ? Les filles et les mamans de filles, soyez vigilantes. Ne perdez pas ce moment qui vous fait réellement sentir que le mariage est important, c’est une responsabilité, c’est une décision de vie et non un simple contrat d’intérêt ou de norme sociale. Votre mariage doit vous être unique

 
Tuesday, 28 April 2020 08:18

les mythes, les légendes et les contes

Les contes

Pour rester dans les rêves de la petite enfance, voici le conte d'une princesse qui se marie avec un ogre. Pour être accepté en gendre royal, il s’est transformé en un irrésistible bel homme. Il a séduit le père en parlant de ses biens et son château à nul autre pareil, et a séduit la fille avec sa beauté et sa galanterie.

Cette histoire se vit en trois phases :
- Dans un premier temps, avec le beau fiancé, la princesse vit des moments heureux,
- Dans un deuxième temps, après le mariage, elle découvre que c’est un monstre. Son comportement envers elle se transforme, il l’emprisonne dans ce château vu de l’extérieur et un vrai cachot à l’intérieur.
- Dans un troisième temps, le Roi découvre la supercherie et déclare le deuil au royaume. Il réunit toutes les forces vives de la population, promettant une belle récompense à celui qui sauvera sa fille.
Enfin, la solution se présente : la princesse a sept frères, qui ont chacun un pouvoir extraordinaire ou magique. Seule la somme des sept pouvoirs peut venir à bout du monstre et libérer la princesse.

Moralité :
1) la beauté n’est pas toujours ce qu’on voit,
2) il n’y a pas de force imbattable, chacun peut rencontrer plus fort que lui,
3) l’union fait la force, il est plus aisé de travailler en groupe que seul.

Moralité : faites de vos enfants des princes et des princesses et offrez leur ce que vous avez de meilleur : le pouvoir d'aimer, le pouvoir de discerner le bien du mal, et le pouvoir de se mettre au service des autres.

O. Galleze

 

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Festivals et colloques

Constantine capitale de la culture arabe

2015

Cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie

2012-2013

Tlemcen Capitale de la Culture Islamique 2011

2011

Festival Panafricain 2009 à Alger

2009

Alger, Capitale de la Culture Arabe 2007

2007

Colloques organisés par le centre

2005-2019

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