Teqtar, un rite citadin constantinois

TEQTAR, processus de distillation de la rose (ward) et de la fleur de bigaradier (zhar) est un rite saisonnier, printanier, qui s’inscrit dans la tradition festive, esthétique et gastronomique des femmes de la medina de Constantine. Il s’agit d’un processus de distillation de la rose et de la fleur du bigaradier, généralement cueillie courant avril sur une période pouvant aller de deux à trois semaines. Pratiquée à l’origine dans l’espace domestique commun (le wast eddar), la tradition du teqtar, transmise par la mémoire familiale, se prolonge aujourd’hui dans le nouveau cadre urbain de la ville de Constantine et se transmet par filiation et par diffusion culturelle. L’économie générale du teqtar est constituée par - l’alambic, traditionnellement en cuivre rouge, - la marmite (tandjra), - les becs de distillation, - l’eau, le brasero en terre (kanoun), - la mêche (ftila), étoffe mouillée requise pour la protection du processus de distillation - et l'eau. Les différentes étapes sont : la sélection des roses et des fleurs, la mise en place du brasero, des ustensiles de la distillation et des mralfat (dames jeanne) requises pour le recueil des eaux florales. Le processus obéit à des règles précises qui entretiennent l’esprit de fête, de palabres empreint de raffinement et de convivialité. L’accueil des premières gouttes des essences des roses ou des fleurs du bigaradier dans les mralfat est sanctionné d’invocations rituelles des saints et demandes de leurs protections et c'est à eux que sont destinées les premières gouttes arrosant les quatre coins de la maison.
MISE À JOUR 2017 :

Film documentaire de 10 min